Vintage : 5 questions à Emmanuelle Vidal

Posté par: Anthony Subra Dans: Actualités Le: mercredi, février 14, 2018 Commentaire: 0 Like: 1004

Rencontre avec Emmanuelle Vidal, antiquaire-ensemblière pour Monolithe vintage et décoratrice d'intérieur.

Emmanuelle Vidal, antiquaire ensemblière

Emmanuelle Vidal est une antiquaire-ensemblière passionnée par les arts décoratifs du XX° siècle. Après une première spécialisation dans le mobilier des années 30 et 40, elle a développé un goût certain pour le modernisme et le design d’après-guerre, si fertile en révolutions techniques et esthétiques.

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Dans sa galerie, qu’elle a ouverte en 1997, elle propose aujourd’hui quatre décennies de mobilier de collection, essentiellement des années 1950 à 1970 mais aussi quelques belles pièces des années 1980-90.

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C’est cette passion partagée avec le directeur artistique de Monolithe Edition, Eric-Jean Floureusse, qui l’a conduite à l’associer avec lui, et fonder Monolithe Vintage. Un mix and match de personnalités et de parti-pris esthétiques complémentaires.

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« J’encourage les mélanges, assortir un meuble de famille auquel on tient avec des pièces plus minimalistes ou du très contemporain. L’avantage du design de la seconde moitié du XX° siècle est d’offrir à la fois une certaine sobriété et de la chaleur. »

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Comment votre collaboration avec Eric-Jean Floureusse est-elle née ?

Nous nous sommes rencontrés via notre réseau d’amis, alors qu’il connaissait déjà mon travail et mon showroom toulousain. Lors d’une discussion à bâtons rompus nous nous sommes trouvés quantités de goûts esthétiques communs et de passions partagées. C’est ainsi qu’il m’a proposé d’apporter au Hameau des Baux, l’hôtel concept qu’il avait décidé d’ouvrir, la touche moderniste qui ferait le contrepoint idéal de la déco contemporaine, dans un cadre provençal tout à fait typique. Cela a été notre première collaboration, et le début de notre partenariat.

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Qu’est-ce qui vous séduit dans le design de Monolithe édition, la branche contemporaine de votre association ?

C’est une collection de meubles mêlant bois et métal, ou métal et marbre, avec un travail très intéressant sur les formes et les proportions, sans oublier le côté fonctionnel, si l’on prend l’exemple de la bibliothèque Klec. On a immédiatement la sensation que ces créations traverseront les époques. En outre, cela s’accorde à merveille avec un certain mobilier de collection à la fois moderne et chaleureux, sobre sans être austère. Par exemple, les tables basses Hansel et Gretel s’associent très bien avec des fauteuils danois des années 1950, les deux ont même l’air d’être faits pour s’entendre.

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Quels sont vos designers préférés ?

J’adore Charlotte Perriand, Le Corbusier, Jean Prouvé. Ce sont des artistes-architectes–ingénieurs-designers et presque des philosophes, avec une vision avant-gardiste et radicale. Leur démarche est pensée en profondeur, avec une réflexion autour de l’habitat, sa fonction, sa conception, le tout conditionné par les contraintes économiques de l’époque –on est dans la France de l’entre deux-guerres et de l’après-guerre, en pleine reconstruction. C’est intelligent, sophistiqué, brut. La génération de designers qui leur ont succédé me passionne tout autant : Pierre Guariche, Pierre Paulin, Joseph-André Motte, Alain Richard, qui utilisent de nouvelles techniques pour créer des lignes adaptées aux modes de vie moderne. J’aime aussi le design scandinave, les italiens comme Gio Ponti ou Ico Parisi, et bien évidemment les américains et les brésiliens. Chaque pays a ses maîtres.

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Un conseil déco pour les amateurs de vintage ?

J’encourage les mélanges, assortir un meuble de famille auquel on tient avec des pièces plus minimalistes ou du très contemporain. L’avantage du design de la seconde moitié du XX° siècle est d’offrir à la fois une certaine sobriété et de la chaleur au travers des matières utilisées, comme les bois de frêne, de chêne, parfois certains bois exotiques comme le palissandre ou le teck.

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Que prenez-vous en compte lorsque vous décorez une maison, un hôtel, un restaurant ?

Les lieux. Il faut être habité par les lieux, les visiter, les sentir, évaluer les proportions. Lorsqu’on décore les lieux de vie d’une personne, d’une famille, il faut tenir compte de leurs goûts en matière de couleurs mais aussi leur insuffler des idées qu’ils n’auraient pas eu, proposer des variétés de motifs de tissus auxquels ils n’ont pas forcément accès. Dans un hôtel, le cahier des charges est plus précis –il y a des incontournables à la décoration d’une chambre- mais l’essentiel reste de donner le ton.

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Propos recueillis par Sandra Salazar


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